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En France, les chemins de fer et les autoroutes connectent les français… par fibre optique!

Eiffage Energie est un acteur de la fibre optique en France

Il y a quelques semaines, je vous parlais de l’infrastructure mondiale du web : les câbles sous-marins. Dans ce nouvel article, je vais traiter du raccordement du territoire français à ce réseau. Et vous allez voir que, là encore, celui-ci repose sur tout ce qu’il y a de plus physique.

Comme au niveau international, le maillage internet de l’Hexagone repose sur des câbles ; le Wifi est avant tout domestique, et le réseau mobile n’est qu’un supplétif (même si la 5G – que nous allons traiter dans un prochain article – arrive).

Eiffage Energie est un acteur de la fibre optique en France
Eiffage Energie est un acteur de la fibre optique en France (source de l’image www.eiffage.com)

La France a fibré son territoire dans les années 1990 et 2000

Dans les années 1990, avec le développement d’internet, le concept d’autoroute de l’information apparaît. Chaque pays veut développer sa dorsale internet (ou backbone en anglais) afin de connecter sa population et ses entreprises aux zones d’atterrissage des câbles sous-marins.

Mais l’ampleur du chantier est énorme. Dérouler des milliers de kilomètres de fibres optiques n’est pas simple. Cela coûte très cher. Et pour y parvenir, les pays ont eu recours à des méthodes différentes.

Dans les pays anglo-saxons par exemple, qui ne possèdent pas de service public de télécommunications, les entreprises privées sont mises à contribution : Verizon aux Etats-Unis, Bell et Telus au Canada, Vodafone en Angleterre…

En France, en revanche, l’Etat a utilisé le réseau téléphonique mais aussi les autoroutes et les voies ferrées, qui avaient déjà réussi à mailler une bonne partie de la métropole.

En 1992, une convention-cadre est signée entre France Telecom et la SNCF. À cette époque, des fibres optiques ont déjà commencé à être déployées le long des rails : elles permettent à la SNCF de faire fonctionner ses feux de signalisation et son réseau d’aiguilleurs. L’entreprise des chemins de fer les met donc à disposition de France Telecom, qui peut également les exploiter pour le compte de ces clients. En 1996, une filiale telecom de la SNCF sera créée, Telecom Developpement (TD), pour favoriser la pose de nouvelles fibres le long du réseau. (Cette entreprise fusionnera quelques années plus tard avec Cegetel, l’ancêtre de SFR).

En Ile-de-France, la RATP participera également à cette ruée vers la fibre, puisqu’elle crée sa filiale Telcité, un opérateur telecom, en 1997.

Dans le même temps, les sociétés d’autoroutes sont également mises à contribution. Elles commencent à placer des fibres optiques sous les bandes d’arrêts d’urgence des autoroutes existantes (plus simples d’accès), alors que dans les nouveaux tronçons, les câbles sont installés directement dans le béton maigre. En 2000, Vinci obtient d’ailleurs un contrat à 150 millions d’euros, pour la pose de 1 400 kilomètres de fibre optique entre Paris et Hendaye. Il s’agit alors du plus important contrat de l’époque.

D’autres câbles ont également été déployés par les Voies Navigables de France pour le compte d’opérateurs télécoms, qui les exploite contre une redevance.

Au total, ce sont des milliers de kilomètres de fibre optique qui ont été installées sous les rails, les autoroutes et les fleuves

Pourtant, la France accuse un retard dans le taux de pénétration de la fibre optique par rapport à d’autres pays européens. C’est également le cas pour la plupart des Etats d’Europe occidentale (à l’exception de l’Espagne et du Portugal, qui sont mieux lotis).

Alors comment expliquer cela?

En fait, la raison est simple : c’est avant tout dû à des raisons politiques. La fibre optique ne concernait que la dorsale internet, elle ne reliait pas directement l’usager à internet. Pour les connexions domestiques, le réseau cuivre de France Telecom a longtemps été privilégié. Cela permet de connecter l’utilisateur à l’internet haut-débit via ADSL, sans engendrer de surcoût de déploiement (les prises étaient déjà tirées pour le téléphone).

Mais avec la demande croissante en bande passante des français, à cause des nouveaux usage du web (vidéos, streaming…), le haut-débit ne suffit pas : il faut passer au très haut-débit. En 2013, l’Etat a donc lancé le plan France Très Haut Débit pour apporter la fibre optique jusqu’au domicile d’ici 2022 (afin de réduire la fracture numérique).

Et la tache est colossale tant le tissu rurale de certaines régions (Savoie, Ardèche, Lozère, Creuse, Aveyron, Ariège…) rend certains abonnés dispersés difficiles à connecter au réseau.

Carte du réseau FTTH (Fiber To The Home) en France
Fibre optique : seuls les grands centres urbains sont connectés au très haut débit

Pour ce réseau FTTH (Fiber To the Home), les collectivités territoriales font appel aux opérateurs télécoms dans le cadre de Partenariat Public-Privé ou de Délégation du Service Public. Parmi les entreprises en charge de ce déploiement, on compte l’opérateur historique Orange et ces trois concurrents (Bouygues, SFR et Free) dans les grands centres urbains. Dans les zones plus isolées, ce sont des plus petites entreprises, comme Axione ou Covage – Tutor (qui appartiennent respectivement à Bouygues et SFR). Les sociétés autoroutières Eiffage et Vinci veulent également leurs parts du gâteau et créent des joint-ventures pour obtenir ces contrats publics.

Alors que faut-il retenir de tout ça?

L’histoire du maillage du territoire français en fibre optique nous apprend trois grands enseignements :

  • En matière de télécom, la puissance publique est le premier acteur, que ce soit via ces entreprises publiques ou via ces collectivités territoriales. Un service public des télécommunications, comme l’étaient à l’époque les PTT ou France Telecom, ont d’ailleurs été pendant longtemps un facteur clé de succès de l’avance technologique de l’Hexagone.
  • Le Réseau Ferré de France (l’ex-filiale de la SNCF qui gère les infrastructures du rail) et les gestionnaires d’autoroutes Eiffage et Vinci ont des fonctions de services publics en terme de telecoms. Leurs privatisations peut donc poser questions.
  • Bien que, dans les faits, les collectivités territoriales font appels à toute une myriade d’entreprises pour la connexion de la fibre au domicile, celles-ci sont en réalité concentrées dans les mains de quelques grands groupes du BTP (Bouygues, Eiffage et Vinci) ou des télécommunications (SFR ou Orange).
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En France, les chemins de fer et les autoroutes connectent les français... par fibre optique!
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En France, les chemins de fer et les autoroutes connectent les français... par fibre optique!
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Réseau Ferré de France (RFF, ex-filiale de la SNCF) et les gestionnaires d'autoroutes Eiffage et Vinci ont contribué au maillage du territoire en fibre optique. Découvrez comment dans cet article!
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